DEF’I 2

Historique :

Dotée d’un SESSAD depuis 1997, l’association en 2003 s’est trouvée devant la nécessité de répondre à un besoin : les enfants devenus jeunes adultes, après avoir été inclus dans le milieu ordinaire lors de leur parcours scolaire, à l’issue de celui-ci, se voyant au mieux proposer des parcours professionnels dans des établissements en milieu protégé et le plus souvent étaient orientés vers des foyers occupationnels ; leur capacité à avoir une activité professionnelle n’était ni reconnue, ni même envisagée.

Il a été nécessaire alors d’inventer pour ces jeunes adultes en devenir, une alternative à ces parcours prédéfinis, ou de leur donner l’opportunité de découvrir, d’expérimenter différentes situations professionnelles en milieu ordinaire de travail, au lieu de les exclure à priori, au titre de leur protection.

Aussi , en 2003 une première action expérimentale d’accompagnement concerne 8 jeunes avec trisomie 21, 7 bénéficiaires du SESSAD, une autre sans emploi, exerçant des activités bénévoles ou des loisirs mettant en oeuvre quotidiennement des compétences sociales, des capacités d’autonomie, et d’apprentissage. Se succèdent 3 années d’accompagnements individuels, financés par les fonds propres et du mécénat, et l’AGEFIPH.

En 2005, le travail en collaboration avec des entreprises pionnières, met en exergue le besoin d’un accompagnement spécifique des tuteurs et des collectifs de travail en entreprise. L’association se dote d’un centre de formation. Est alors créée la formation des tuteurs à l’accueil de salariés porteurs d’une trisomie. A l’issue de ces trois années la moitié des jeunes sont en emploi en milieu de travail ordinaire sur des contrats de droit commun. Ils ont fait ainsi la démonstration de leur capacité à accéder à un emploi ;  se pose alors la question du maintien en emploi.

En 2007, le partenariat avec le réseau économique s’étouffe. Une action menée avec la Jeune Chambre Economique permet de créer un label de bonnes pratiques en matière de prise en compte de la situation de handicap en entreprise. En parallèle,  une étroite collaboration avec une entreprise de cuisine de collectivité est élaborée pour mettre en place une formation hygiène et sécurité adaptée à la déficience intellectuelle.

Ces  différentes expériences, en réponse à des besoins identifiés, co-élaborée avec le réseau économique, la familles, et les professionnels permettent de poser les premiers jours d’une méthode d’approche de la question de l’inclusion de l’entreprise, mais aussi les principes d’architecture d’une formation adaptée à la déficience intellectuelle.

En 2008 est créée la première action de formation en alternance collective spécifique : les Pass d’Or permettant l’expérimentation de l’alternance des temps de formation en entreprise et des temps de formation. C’est également l’arrivée  des premiers financements publics au titre de la formation et du Fonds Social Européen au titre de l’égalité des chances dans l’emploi. Les bénéficiaires du service sont alors au nombre de 5 salariés et de 8 demandeurs d’emploi.

L’ensemble de ces expériences, des constats réalisés sur les besoins tant du public que ceux des entreprises, l’amorce des réponses données ont permis de définir les principes généraux du dispositif « Défi pour l’emploi, les ateliers pour l’égalité des chances. »

Forte de ces expériences, l’association se sent prête, alors à sortir de la confidentialité, elle souhaite faire la démonstration que la réussite de l’inclusion professionnelle des personnes déficientes intellectuelles en milieu ordinaire de travail, n’est pas le fait de quelques exceptions, mais qu’elle peut être le résultat d’un dispositif raisonné et systématique, accompagnant de manière idoine les personnes elles-mêmes, les entreprises et les familles. Le dispositif s’ouvre alors sur l’extérieur, des partenariats avec CAP EMPLOI et des instituts spécialisés : IME, IMPRO se développent. Le Front Social Européen vient compléter l’engagement des financeurs nationaux : le Conseil Régional inscrit l’action dans son programme de formation expérimentale, l’AGEFIPH confirme son engagement, les mécénats continuent à faire confiance à notre démarche innovante. La première édition de ce dispositif commence en Janvier 2009, il concerne alors 15 demandeurs d’emploi dont 3 personnes déficientes intellectuelles, et 7 salariés, tous avec une trisomie 21, issus non seulement des services de l’association, mais aussi de services extérieurs. Pour la première fois, les 15 stagiaires auront le statut de la formation professionnelle.

Les résultats de cette première expérimentation sont probants : trois ans plus tard 75% des stagiaires sont en emploi, les salariés toujours en poste, la moitié d’entre eux sont désormais en CDI. Le réseau d’entreprise s’est étoffé : 68 entreprises s’impliquent avec plusieurs niveaux de la découverte à l’emploi en passant par le développement des compétences. Dés lors de la pertinence du dispositif n’est plus à faire.

A cette première édition succéderont une deuxième, puis une troisième édition.

A cette première édition succéderont une deuxième puis une troisième édition. Le dispositif concerne aujourd’hui 28 salariés et 13 stagiaires en formation professionnelle. L’action s’est ouverte de façon plus importante aux personnes héraultaises. A ce jour plus de 160 entreprises sont engagées dans le processus. Ainsi en 2018 plus de      salariés sont sensibilisés à la question de l’inclusion professionnelle des personnes déficientes intellectuelles en milieu ordinaire de travail.

Ces 16 années de recherche, d’élaboration, d’engagement de la part des professionnels, des familles, et des entreprises partenaires ont contribué à constituer notre savoir-faire dans le domaine de l’accès et le maintien en emploi des personnes en situation de handicap mental dans le travail. Elles ont démontré non seulement la capacité des entreprises à accueillir, à former, à accompagner leurs salariés en situation de handicap mental, au bénéfice de tout les acteurs concernés.